HEUREUX
(à mon père)
Heureux qui, comme toi a fait cent beaux voyages,
Et ne s'en reviens pas,
Au terme de ses pas,
Simplement au logis, vivre le reste de son âge.
On te voit dès que le jour se lève,
Qui cours, marche, monte et rêve,
Par monts, par vaux et presque sans trêve.
Tu cours l'Atlas comme une chèvre,
Et braves le Spitsberg sans attraper la crève.
Tu t'arrêtes pour écrire les lignes d'un bouquin,
Et repars courir les sentiers comme un bouquetin.
Tu reviens poser des bûches en ta cheminée,
Et repars pour une nouvelle randonnée.
Même Le Temps n'en revient pas,
Puisqu'il semble ne pas s'arrêter sur toi.
A croire que sur tes chemins d'errance,
Tu as trouvé quelque part ta Fontaine de Jouvence...